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Raccordement · Dimensionnement · 16 octobre 2026

Recharge rapide : ouvrir une station sans renforcer le raccordement

Le raccordement d'une station de recharge rapide se dimensionne d'habitude sur la somme des bornes : deux bornes de 150 kW dépassent déjà les 250 kVA de la basse tension. Une batterie tampon change l'équation. Le réseau la recharge en continu sur un raccordement modeste, et elle fournit le complément pendant les sessions. Elle se dimensionne sur la fréquentation de la station, pas sur la plaque des bornes.

Par Élien Geneste

Armoires de stockage RelyEZ posées sur une dalle béton, sur un site en plein air

Ouvrir une station de recharge rapide bute rarement sur les bornes : elle bute sur le raccordement. La puissance demandée au réseau suit la somme des bornes, et elle fait vite changer le site de catégorie, avec des études, des travaux et des délais. Cet article explique pourquoi, ce qu'une batterie tampon change, et comment la dimensionner sur la fréquentation réelle de la station.

Pourquoi le raccordement freine-t-il l'ouverture d'une station ?

Une borne rapide appelle la puissance d'un petit site industriel. Au 31 juillet 2026, la France comptait 200 045 points de recharge ouverts au public, dont 13 % au-delà de 150 kW et un peu plus de 5 000 à 350 kW ou plus (baromètre Avere-France, repris par Automobile Propre le 10 août 2026). C'est le segment qui monte, et c'est celui qui pèse sur le réseau.

Le gestionnaire de réseau raccorde un site selon la puissance demandée. En basse tension, les modèles de proposition d'Enedis couvrent les installations de 36 à 250 kVA ; au-delà, la demande suit la procédure de la HTA (note Enedis du 15 septembre 2025). Deux bornes de 150 kW appelées en même temps demandent déjà 300 kW : la station sort de la basse tension avant même d'avoir ouvert sa troisième place.

Ce changement de catégorie se paie surtout en temps. Pour les stations d'autoroute, Enedis et RTE indiquaient en juillet 2021 des délais de 12 à 24 mois pour réaliser les études, obtenir les autorisations et faire les travaux d'adaptation du réseau. Leur conclusion était positive : le réseau sait accueillir ces stations, à condition que les porteurs de projets anticipent leur demande. La même étude estimait les besoins à 4 à 12 MW en moyenne par aire d'autoroute en 2035.

Ce qui a changé pour le coût du raccordement

Pendant plusieurs années, le tarif de réseau a pris en charge jusqu'à 75 % du coût de raccordement de certaines bornes ouvertes au public :

  • celles inscrites dans un schéma directeur de la collectivité, pour un raccordement de 250 kVA au plus, si la demande complète était reçue avant le 31 décembre 2025 (arrêté du 6 février 2023) ;
  • celles des aires de service des autoroutes et routes express, pour les demandes adressées avant le 31 décembre 2025 (loi du 22 août 2021, article 118).

Pour une demande déposée aujourd'hui, c'est le taux de droit commun qui s'applique. Chaque kVA de raccordement évité a donc plus de valeur qu'auparavant.

Comment une batterie tampon permet-elle de garder un petit raccordement ?

Le principe tient en deux temps :

  1. Entre les sessions, le réseau recharge la batterie en continu, à la puissance que permet le raccordement existant ou un raccordement modeste.
  2. Pendant les sessions, les bornes tirent à la fois sur le réseau et sur la batterie. La batterie fournit l'écart entre la puissance demandée par les véhicules et la puissance disponible au compteur.

Le raccordement ne se dimensionne plus sur la pointe, mais sur l'énergie à remettre dans la batterie entre deux vagues de sessions. Une station qui voit passer des pointes courtes et espacées, comme la plupart des stations hors grands axes, s'y prête bien.

Le pilotage fait le reste. Le système de gestion de la batterie lit la puissance appelée au point de livraison et ajuste la décharge pour que le site ne dépasse jamais la puissance souscrite. Sur l'armoire VenturePro 250, la bascule de la charge à la décharge prend moins de 20 ms (fiche technique RelyEZ).

Un exemple pour fixer les ordres de grandeur

Prenons une station de deux bornes de 150 kW, sur un site où l'on dispose de 120 kW au compteur. Les chiffres ci-dessous sont un calcul d'illustration, pas une mesure.

PuissanceDuréeÉnergie
Deux véhicules chargent à pleine puissance300 kW30 min150 kWh
Part fournie par le réseau120 kW30 min60 kWh
Part fournie par la batterie180 kW30 min90 kWh
Recharge de la batterie par le réseau120 kW45 min90 kWh

Il faut ici une batterie capable de délivrer 180 kW et de stocker au moins 90 kWh utiles, avec une marge. Deux armoires VenturePro 250 en parallèle (250 kW et 500 kWh au total) couvrent ce cas avec de la réserve pour une seconde vague de sessions. En pratique, un véhicule ne charge pas à pleine puissance pendant toute la session : sa puissance baisse à mesure que sa batterie se remplit, ce qui allège le besoin.

Comment dimensionner la batterie d'une station ?

La méthode part de la fréquentation, pas du catalogue.

  1. Le profil de sessions attendu. Nombre de véhicules par heure, durée moyenne de charge, simultanéité aux heures chargées. Pour une station existante, les journaux des bornes le donnent ; pour une station nouvelle, on part du trafic du site et d'hypothèses prudentes.
  2. La puissance disponible. Ce que le raccordement actuel laisse libre une fois les autres usages du site déduits, ou ce qu'un raccordement en basse tension permettrait. Les données de consommation du site, disponibles auprès d'Enedis, montrent la marge réelle heure par heure.
  3. La puissance de la batterie. Elle se fixe sur l'écart entre la pointe des bornes et la puissance disponible.
  4. L'énergie de la batterie. Elle se fixe sur la pire séquence de la journée : la plus longue suite de sessions pendant laquelle la batterie se vide plus vite que le réseau ne la remplit. On ajoute une marge pour la profondeur de décharge et le vieillissement.
  5. Le temps de recharge. Il faut vérifier que la batterie a le temps de se remplir avant la vague suivante. Si ce n'est pas le cas, on augmente l'énergie ou la puissance de raccordement, ou on combine les deux.
  6. Le site. Emplacement, accès, température : le VenturePro 250 fonctionne de −30 à 55 °C, à puissance réduite hors de la plage −15 / 45 °C, et mesure 1 350 × 1 400 mm au sol (fiche technique RelyEZ).

Le même raisonnement s'applique à un site qui ajoute des bornes à une consommation existante : la batterie évite alors aussi les dépassements de puissance souscrite.

Quelles batteries pour quelle station ?

Les deux armoires du catalogue se raccordent en 400 V alternatif, côté réseau du site, et s'ajoutent sans toucher aux bornes.

VenturePro 250VenturePro Fusion
Formatarmoire tout-en-un, onduleur intégréarmoire de contrôle et armoires batterie
Une armoire250 kWh, 125 kW261 à 418 kWh, 130,6 à 208,9 kW selon la référence
Extensionjusqu'à 12 armoires en parallèleune armoire de contrôle pour une à huit armoires batterie
Pour quelle stationdeux à quatre bornes, extension par paliersstation plus fréquentée, besoin d'énergie plus élevé

Sources : fiches techniques RelyEZ VenturePro Series 250 kWh et VenturePro Fusion.

La gamme VenturePro Fusion convient quand la station doit enchaîner plusieurs vagues de sessions sans laisser beaucoup de temps de recharge à la batterie. L'armoire VenturePro 250 suit une station qui grandit : on ajoute une armoire quand on ajoute des bornes.

Quelles obligations poussent à équiper les grands axes ?

Le règlement européen AFIR fixe un maillage sur le réseau transeuropéen de transport. Sur le réseau central, il demande tous les 60 km un parc de recharge d'au moins 400 kW d'ici fin 2025, puis d'au moins 600 kW d'ici fin 2027, avec des points de 150 kW au moins. Ces puissances se cumulent sur un même site : c'est exactement la situation où une batterie tampon évite de dimensionner le raccordement sur la plaque des bornes.

Ce que la batterie ne remplace pas

  • La demande de raccordement. La station reste raccordée au réseau public : la batterie réduit la puissance à demander, elle ne supprime pas la démarche. Mieux vaut la déposer tôt, avec la puissance qui tient compte du stockage.
  • L'injection. Une batterie qui ne fait que soutirer reste dans le cadre d'un raccordement de consommation. Si elle doit un jour injecter, par exemple pour valoriser sa flexibilité, Enedis la traite comme une installation « susceptible d'injecter et de soutirer », avec ses propres modèles de proposition (note Enedis du 15 septembre 2025). Autant le prévoir dès l'étude : la batterie d'une station peut aussi se rémunérer sur les marchés de l'électricité.
  • Les bornes et leur installateur. La batterie s'ajoute à l'installation de recharge ; elle se pose avec elle. JR Énergie, l'installateur du groupe, est qualifiée Qualifelec IRVE et pose ombrières photovoltaïques et bornes : le parking solarisé avec stockage et recharge se conçoit d'un seul tenant.

La page recharge rapide présente l'offre du groupe, et le diagnostic part de trois éléments : le raccordement existant, la puissance des bornes visées et la fréquentation attendue.

Questions fréquentes

Quelle puissance de raccordement faut-il pour une station de recharge rapide ?

Sans stockage, le raccordement se dimensionne en général sur la puissance des bornes appelées en même temps : deux bornes de 150 kW demandent déjà 300 kW, au-delà des 250 kVA de la basse tension. Avec une batterie tampon, il se dimensionne sur l'énergie consommée en moyenne sur la journée et sur le temps laissé à la batterie pour se recharger. L'écart entre les deux est ce que la batterie fournit.

Une batterie permet-elle de rester en basse tension ?

Souvent, oui, si la fréquentation le permet. En basse tension, Enedis raccorde jusqu'à 250 kVA ; la batterie couvre la part de la pointe qui dépasse la puissance disponible, puis se recharge entre deux vagues de sessions. Il faut le vérifier sur le profil de fréquentation attendu : une station très sollicitée toute la journée laisse peu de temps à la batterie pour se recharger.

Combien de temps prend le raccordement d'une station de recharge haute puissance ?

Enedis et RTE indiquent des délais de 12 à 24 mois pour les études, les autorisations et les travaux d'adaptation du réseau, selon la puissance et la configuration. Les bornes, elles, se posent beaucoup plus vite. Un raccordement plus modeste, complété par une batterie, réduit l'ampleur des travaux à prévoir.

Le raccordement d'une borne ouverte au public est-il toujours pris en charge à 75 % ?

Non. La prise en charge à 75 % par le tarif de réseau visait les demandes de raccordement reçues avant le 31 décembre 2025, pour les bornes ouvertes au public inscrites dans un schéma directeur (jusqu'à 250 kVA) et pour celles des aires de service des autoroutes et routes express. Pour une demande déposée aujourd'hui, c'est le taux de droit commun qui s'applique : chaque kVA évité compte davantage.

La batterie d'une station peut-elle servir à autre chose ?

Oui. Entre deux vagues de sessions, la même batterie peut stocker le surplus d'une ombrière photovoltaïque ou se recharger aux heures creuses. Si elle doit un jour injecter sur le réseau, Enedis traite l'installation comme susceptible d'injecter et de soutirer, avec sa propre procédure de raccordement.

Sources

Les chiffres de cet article viennent de ces documents.

  1. Mobilité électrique et développement des bornes de recharge rapide sur autoroute : les réseaux électriques (Enedis et RTE) sont prêts — Enedis et RTE, 20 juillet 2021
  2. Avenant L342-6 à la proposition technique et financière pour le raccordement d'une installation de production ou susceptible d'injecter et de soutirer de puissance comprise entre 36 et 250 kVA au réseau public de distribution BT (Enedis-MOP-RES_049E) — Enedis, 15 septembre 2025
  3. Arrêté du 6 février 2023 relatif à la prise en charge par le tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité du raccordement des infrastructures de recharge ouvertes au public qui s'inscrivent dans un schéma directeur — Légifrance, 6 février 2023
  4. Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, article 118 — Légifrance, 22 août 2021
  5. Règlement (UE) 2023/1804 du 13 septembre 2023 sur le déploiement d'une infrastructure pour carburants alternatifs (AFIR) — EUR-Lex, Union européenne, 13 septembre 2023
  6. C'est fait : la France passe le cap des 200 000 points de recharge ouverts au public (baromètre Avere-France au 31 juillet 2026) — Automobile Propre, 10 août 2026
  7. Fiche technique VenturePro Series 250 kWh — All-in-one Liquid-Cooled Energy Storage — RelyEZ, 27 août 2026
  8. Fiche technique VenturePro Fusion — Liquid-Cooled Modular Battery Cabinet System — RelyEZ, 27 août 2026

Les gammes citées

Un projet en tête ?

Le raccordement, le contrat et la production déjà en place suffisent à savoir quelle gamme convient.