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Technologie · 7 octobre 2026

Stockage de l'électricité : les technologies comparées

Le stockage de l'électricité consiste à la convertir en une autre forme d'énergie (eau en altitude, énergie chimique, gaz, chaleur) pour la restituer plus tard. Trois technologies dominent : les stations de pompage (STEP) à l'échelle du réseau, les batteries pour quelques heures, sur un site ou une centrale, et l'hydrogène pour des durées longues, au prix d'un rendement bas. Pour un site professionnel, le choix part de la durée à couvrir.

Par Élien Geneste

Vue aérienne d'une base de production RelyEZ : halls de fabrication aux toitures photovoltaïques

Le stockage de l'électricité permet de produire à un moment et de consommer à un autre : garder le surplus solaire de midi pour la soirée, passer une pointe de consommation sans dépasser la puissance souscrite, ou aider le réseau à rester équilibré. Plusieurs technologies le font, avec des échelles, des durées et des rendements très différents. Cet article les compare, pour savoir laquelle correspond à un site professionnel.

Que veut dire « stocker l'électricité » ?

Le code de l'énergie définit le stockage à son article L. 352-1, que la Commission de régulation de l'énergie rappelle dans sa délibération du 7 avril 2022 : c'est « le report de l'utilisation finale de l'électricité à un moment postérieur à celui auquel elle a été produite ».

En pratique, l'électricité se stocke très mal telle quelle. On la convertit donc en une autre forme d'énergie, que l'on reconvertit en électricité au moment voulu. Chaque conversion coûte un peu d'énergie : c'est ce que mesure le rendement, le rapport entre l'électricité restituée et l'électricité absorbée.

Les technologies se rangent en quatre familles :

  • mécanique : stations de transfert d'énergie par pompage (STEP), air comprimé, volants d'inertie ;
  • électrochimique : batteries (lithium, sodium, batteries à circulation) ;
  • chimique : hydrogène produit par électrolyse ;
  • thermique : chaleur stockée dans des sels fondus, de l'eau ou des matériaux solides.

Quelles technologies de stockage de l'électricité comparer ?

Forme de l'énergie stockéeDurée de stockage viséeOù on la trouve
STEPeau pompée dans un bassin en altitudeheures à joursréseau de transport, sites de montagne
Batterie lithium (LFP)énergie chimiqueminutes à quelques heuressites professionnels, centrales solaires, réseau
Hydrogènegaz produit par électrolysejours à saisonsprojets industriels et de mobilité
Air compriméair sous pression en cavitéheuresquelques sites dans le monde
Volant d'inertieénergie de rotationsecondes à minutesstabilisation, alimentation sans coupure
Supercondensateurchamp électriquesecondespointes très brèves, transports
Stockage thermiquechaleurheures à joursréseaux de chaleur, procédés industriels

Le critère qui départage le plus vite, c'est la durée à couvrir. Une technologie faite pour stocker quelques secondes ne sert à rien pour décaler une production solaire, et une technologie de stockage saisonnier perd trop d'énergie pour un usage quotidien.

Comment fonctionne une STEP, et pourquoi domine-t-elle en France ?

Une STEP relie deux retenues d'eau situées à des hauteurs différentes. Quand le réseau dispose d'un surplus, on pompe l'eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur ; quand il faut produire, on la laisse redescendre dans des turbines. C'est le plus ancien moyen de stockage à grande échelle.

D'après EDF (page mise à jour le 25 août 2026) :

  • le parc français compte 6 STEP, pour une puissance installée de 5 GW ;
  • Grand'Maison, dans l'Isère, atteint 1 800 MW en trois minutes ;
  • Montézic atteint sa puissance maximale de 920 MW en moins de deux minutes.

Ces ouvrages exigent un relief, deux bassins et des années de travaux. Ils servent le réseau de transport, pas un site industriel. Leur force est l'équilibre du système électrique national.

Pourquoi les batteries progressent-elles si vite ?

Parce qu'elles s'installent presque partout, vite, et à toutes les tailles : une armoire dans une cour d'usine, quelques conteneurs à côté d'une centrale solaire, des dizaines de conteneurs raccordés au réseau. Le Panorama de l'électricité renouvelable publié le 16 juillet 2026 par le SER, RTE, Enedis et l'Agence ORE compte 1 617 MW de stockage par batteries raccordés en France fin 2025, dont 410 MW mis en service en 2025, avec 195 MW au troisième trimestre et 154 MW au quatrième.

Quelle chimie pour le stockage stationnaire ?

La chimie la plus employée pour le stockage stationnaire est le lithium-fer-phosphate (LFP), retenue pour sa stabilité thermique et sa durée de vie en cyclage. C'est celle de toutes les gammes RelyEZ, avec des cellules prismatiques de 314 Ah (voir la page technologie RelyEZ). D'autres chimies existent :

  • le lithium NMC (nickel-manganèse-cobalt), plus dense, surtout employé dans les véhicules électriques ;
  • le sodium-ion, qui se passe de lithium ;
  • les batteries à circulation (dites « redox flow »), où l'énergie est stockée dans des électrolytes liquides en réservoirs.

Ce que disent les fiches techniques

Une batterie se juge sur quelques grandeurs, toutes inscrites sur la fiche technique du modèle exact :

VenturePro 250GridUltra 4,18 MWh
Énergie250 kWh4 179,9 kWh
Puissance125 kW (onduleur intégré)régime 0,25 P
Durée de décharge à pleine puissancedeux heuresquatre heures
Durée de vie annoncéeau moins 8 000 cyclesplus de 8 000 cycles, conception 15 ans
Formatarmoire tout-en-unconteneur

La fiche VenturePro 250 annonce un rendement alternatif maximal de 90 %, hors auxiliaires : sur 100 kWh pris au réseau, 90 kWh au plus en ressortent, avant la consommation du refroidissement et du pilotage. Ces chiffres se retrouvent dans le catalogue, gamme par gamme.

Le rapport entre énergie et puissance fixe l'usage. Deux heures conviennent pour écrêter les pointes d'un site ; quatre heures ou plus, pour décaler l'essentiel d'une production solaire vers le soir, comme expliqué dans notre article sur les prix négatifs et le photovoltaïque.

L'hydrogène peut-il stocker l'électricité ?

Oui, mais à un prix énergétique élevé. Un électrolyseur décompose l'eau pour produire de l'hydrogène ; le gaz est comprimé et stocké, puis reconverti en électricité dans une pile à combustible. L'ADEME a étudié cette chaîne « Power-to-H2-to-Power » : son rendement global, de la source électrique à l'usage, est de l'ordre de 25 %, voire 30 % avec les meilleurs équipements. L'agence recommande de privilégier le stockage électrochimique quand il est techniquement et économiquement possible.

L'intérêt de l'hydrogène est ailleurs : il peut se stocker sur plusieurs jours, semaines ou mois, et servir directement de matière ou de carburant, dans l'industrie ou la mobilité. C'est un outil de stockage long, pas un substitut à la batterie pour un usage quotidien.

Et l'air comprimé, les volants d'inertie, la chaleur ?

Ces technologies répondent à des besoins précis :

  • l'air comprimé stocke de l'énergie en comprimant de l'air dans une cavité souterraine ; il demande une géologie adaptée ;
  • les volants d'inertie stockent de l'énergie dans un rotor qui tourne très vite, pour quelques secondes à quelques minutes : ils servent à stabiliser une tension ou à assurer la continuité d'alimentation ;
  • les supercondensateurs absorbent et restituent de très fortes puissances pendant quelques secondes ;
  • le stockage thermique garde de la chaleur, plutôt que de l'électricité, pour un procédé ou un réseau de chaleur.

Aucune ne remplace une batterie pour stocker quelques heures d'électricité sur un site, mais elles complètent le paysage du stockage.

Quelle technologie de stockage pour un site professionnel ?

Pour une entreprise, une collectivité, une exploitation agricole ou une centrale solaire, la question se pose rarement entre STEP et batterie : c'est la batterie qui s'installe derrière le compteur. La vraie question est laquelle, et de quelle taille. Elle se règle avec quelques données :

  1. L'usage visé : écrêter les pointes, garder le surplus solaire, alimenter une station de recharge rapide, participer aux marchés de flexibilité avec un agrégateur.
  2. La durée à couvrir : elle fixe le rapport entre énergie et puissance.
  3. La courbe de charge du site, et la production solaire s'il y en a.
  4. La puissance de raccordement et la place disponible : armoire ou conteneur.

Notre article batterie de stockage pour entreprise détaille cette méthode de dimensionnement, étape par étape. Pour un site professionnel, la gamme VenturePro couvre les armoires tout-en-un ; pour une centrale ou un site de forte puissance, les conteneurs GridUltra s'additionnent selon le raccordement.

Par où commencer ?

Le bon stockage se choisit à partir du site : ce qu'il consomme, ce qu'il produit, ce que son raccordement autorise. C'est le point de départ de notre diagnostic projet, qui aboutit à une configuration détaillée et à un dimensionnement justifié. Les fiches de chaque gamme sont dans le catalogue.

Questions fréquentes

Peut-on stocker l'électricité directement ?

Presque jamais en grande quantité : on la convertit en une autre forme d'énergie, puis on la reconvertit au moment voulu. Une STEP la stocke sous forme d'eau en altitude, une batterie sous forme chimique, l'hydrogène sous forme de gaz. Seuls les supercondensateurs et les bobines supraconductrices gardent l'énergie sous forme électrique, pour des durées très courtes.

Quelle est la technologie de stockage la plus utilisée en France ?

En puissance installée, les STEP : EDF exploite six stations de transfert d'énergie par pompage pour 5 GW. Les batteries progressent vite : 1 617 MW étaient raccordés fin 2025, dont 410 MW mis en service dans l'année, selon le Panorama de l'électricité renouvelable publié par le SER, RTE, Enedis et l'Agence ORE.

Quelle technologie de stockage pour une entreprise ?

Pour stocker quelques heures sur un site industriel, tertiaire ou agricole, la batterie lithium-fer-phosphate (LFP) est la solution qui s'installe derrière le compteur, en armoire ou en conteneur. Le dimensionnement part de la courbe de charge, de la production solaire éventuelle et de la puissance de raccordement. Une STEP ou une chaîne hydrogène relève d'autres échelles et d'autres usages.

Pourquoi l'hydrogène n'est-il pas utilisé pour stocker l'électricité d'un site ?

Parce que la chaîne électricité, hydrogène, électricité perd une grande partie de l'énergie : l'ADEME estime que son rendement global est de l'ordre de 25 %, voire 30 % avec les meilleurs équipements. L'hydrogène se justifie surtout quand il faut stocker sur plusieurs jours ou plusieurs mois, ou quand le gaz lui-même est utilisé, par exemple dans l'industrie ou la mobilité.

Combien de temps une batterie de stockage restitue-t-elle l'énergie ?

Cela dépend du rapport entre son énergie et sa puissance. Une armoire VenturePro 250 de RelyEZ (250 kWh, 125 kW) se décharge en deux heures à pleine puissance ; un conteneur GridUltra 4,18 MWh, au régime 0,25 P, en quatre heures. On choisit ce rapport selon l'usage : écrêter une pointe ou décaler une production solaire.

Sources

Les chiffres de cet article viennent de ces documents.

  1. Panorama de l'électricité renouvelable au 31 décembre 2025 (communiqué de presse : « Les énergies renouvelables ont couvert 33,2 % de la consommation d'électricité de la France en 2025 ») — SER, RTE, Enedis et Agence ORE, 16 juillet 2026
  2. Les stations de transfert d'énergie par pompage — EDF, 25 août 2026
  3. Rendement de la chaîne hydrogène : cas du « Power-to-H2-to-Power » (fiche technique ADEME, présentée par Connaissance des Énergies) — ADEME, 13 février 2020
  4. Délibération n° 2022-105 du 7 avril 2022 portant avis sur le projet de décret fixant les modalités de la procédure d'appel d'offres portant sur le développement de capacités de stockage d'électricité (rappel de l'article L. 352-1 du code de l'énergie) — Commission de régulation de l'énergie, 7 avril 2022
  5. Fiche technique VenturePro Series 250 kWh — All-in-one Liquid-Cooled Energy Storage — RelyEZ, 27 août 2026
  6. Fiche technique gamme GridUltra 4,18 MWh (0.25P) et 5,016 MWh (0.5P) — stockage conteneurisé à refroidissement liquide — RelyEZ, 27 août 2026

Les gammes citées

Un projet en tête ?

Le raccordement, le contrat et la production déjà en place suffisent à savoir quelle gamme convient.